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poésie et prose

06 juillet 2009

Obsidienne



Le blog de la maturité : http://nicolas-vasse.blogspot.com/






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08 janvier 2009

Symphonie n°1 Quatrième mouvement : Lumière




Le regard l’animal le regard le feu éventré

Les yeux décapitent lentement les yeux se promènent

Aveulis et bleus comme l’ardoise à polir

Aveugles et sincères aux lueurs matutinales

Le regard est sourd comme un bloc de silence

 

De la mousse une croûte verdâtre parcheminée de calcaire

Une voûte chamarrée une enceinte de pierres dégoulinantes

Le crâne est posé au centre le feu chaud apporte le sommeil

Le crâne frappé de silex ne ferme pas l’œil devant la nuit

 

Soudain la poussière vit le sol de terre ondule

Soudain le vent l’inconnu arpente les cloisons

Le crâne s’agite et suit la danse des grains

Le crâne enlacé de tempêtes nasales

Se laisse ici et là emporter comme l’épi arqué

Sous l’air léchant ou comme sable mort

Bercé jusqu’au point du coquillage chantant

 

Les caravanes de chameaux étendues sur le jaune du feu

Passent l’une après l’autre dans les secondes des rêves

Les nomades vêtus de silhouettes étranges sillonnent les parois

Le feu crépite de secrets du jadis de rumeurs enfouies

Les caravanes échangent le temps contre quelques traces

Et des chemins se font et ruissellent dans l’ombre près du feu

Et les yeux lances de pleurs se mettent en instance d’un ciel

Et d’une gorge ouverte infiniment sort une cambrure étincelante

Et les yeux lances d’un ciel viennent comme tours dévorantes

Cerner la chambre des morts la chambre sans fenêtres

 

Cheval de bataille cheval de mer cheval errant et laboureur d’âmes

Une lourdeur au-dessus une danse au galop fou de martèlements

Et le noir se fissure sous ce cheval ténébreux éveilleur de la nuit

Un chemin serpente un lacet comme un couteau logé dans le crâne

 

Le soleil entre par les fibres 

Une brise dans l’ouverture de la yourte

Le soleil appelle la peau

Et un visage naît dans le tissu bleu

Un visage voyageur

Un corps absolu

Le soleil entre par les fibres

 

Hommes couleurs

Hommes rayons

Hommes de marches

Hommes de l’ombre

Jaillis comme étoiles

Comme jets de flèches

Dans le jaune du feu

Dans le soleil si loin

Hommes archers


Le regard l’animal le regard le feu éventré

Les yeux décapitent lentement les yeux se promènent

Aveulis et bleus comme l’ardoise à polir

Aveugles et sincères aux lueurs matutinales

Le regard est sourd comme un bloc de silence

Le tailleur serre et cogne à toutes forces

Le tailleur ouvre le beau

Le tailleur creuse à grands bruits

Avant le retour au silence

Avant que le jour ne se lève

Avant que le jour ne se perce de traits

Le regard reste sourd comme un bloc de silence

Tendu comme la corde

Dégagé comme le ciel

Il taille dans la nuit l’orfèvre aux pupilles de feu



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06 janvier 2009

Symphonie n°1 Troisième mouvement : Le Chaos



 

 

A l’origine un seul instant tordait son feu sur diverses latitudes

A l’origine l’ombre n’existait pas le noir ne portait ni son nom ni sa robe

A l’origine une pupille de lumière une fissure dans l’unité

 

Alors l’on c’est-à-dire nous les hommes nous nous emballons

Nous sans autres désirs que d’être sans mort nous pensons

Au paradis à l’enfer à l’entre-deux ou même au vide au noir

A l’origine l’ombre n’existait pas le noir ne portait ni son nom ni sa robe

Mais de tant de siècles de tant de naissances et de morts de tant de nous

Il ne restera pas même un grain de quartz dans le sable pas même une larme dans la mer

A l’origine une pupille de lumière une fissure dans l’unité

Le soleil laissera tant de nous l’ombre couvrira nos mots d’une grande seconde

D’une escorte de tempêtes d’éclairs et de nuages gonflés furieux

Mais de tant de siècles de tant de naissances et de morts de tant de nous

Il ne restera pas même une langue pas même une pensée pas même un système

A l’origine un seul instant tordait son feu sur diverses latitudes

 

Sans cesse paroles sincères peu ou prou peu importe sans cesse des mots perdus

Des mots sans parents des mots orphelins sans cesse ils veulent y revenir

A l’origine à l’instant de lumière des mots d’enfants sur un linceul déjà pendu séché

Sans cesse volubiles dans une toile de rues dans un chagrin de désespoir et perdus

Des orphelins qui pleuraient l’origine le tout la matrice des mondes le premier son

Dans ce silence de fou de ruines de châteaux lactés de mines à ciels ouverts

Dans ce silence de moribonds ils parlaient de mystères de clés d’énigmes

Des orphelins cherchaient un sens et des mots où jeter leur rêve du premier son

 

A l’origine un seul instant tordait son feu sur diverses latitudes

A l’origine l’ombre n’existait pas le noir ne portait ni son nom ni sa robe

A l’origine une pupille de lumière une fissure dans l’unité

 

Quelques danseurs naissent différemment loin de la douleur loin de l’angoisse

Quelques danseurs amènent un ventre rayonnant un soleil parmi les astres

Quelques danseurs éclatent de rires et lancent des instants de lumière

Ils jouent d’instruments exotiques et passionnants ils jouent différemment

Et sous un arbre à l’abri les millions d’orphelins écoutent et se rappellent

Ecoutent et entendent le seul secret et la seule musique du premier son

Ils jouent d’instruments à vents et à cordes et les chevauchent comme mages mongols

Ils dansent aux yeux de tous et tendent des millions de mains des millions de cœurs

Comme autant de traits à l’éclat de rubis dans l’ombre qui avance une robe si noire

 

Les pierres remplissent les cascades l’eau meugle infernale se disperse en terre

Les pierres démunissent les montagnes les temples les coffres à jouets

Les pierres se dévissent s’en vont laissent passer l’air sereinement roi

Les oiseaux tus le silence apparaît intangible et végétal

 

Alors l’on c’est-à-dire nous les hommes nous nous emballons

Nous sans autres désirs que d’être sans mort nous pensons

Au paradis à l’enfer à l’entre-deux ou même au vide au noir

Quand nous ne serons plus quand la pluie lavera nos restes

Nous ne penserons plus nous serons nullipares

Nous sans autres désirs que d’être sans mort nous saurons

Qu’à l’origine il y avait un silence avant la symphonie

Rien de plus et nous errerons orphelins curieux abrutis

Nous dandinerons allègrement d’en savoir un peu plus

Sur cette danse au ventre rayonnant nous nous emballerons

Des confiseries aux couleurs de printemps et d’été

Des alcools d’hiver et des souvenirs d’automne

Sur cette danse au ventre rayonnant nous nous panserons

Mais de tant de siècles de tant de naissances et de morts de tant de nous

Il ne restera pas même un grain de quartz dans le sable pas même une larme dans la mer

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01 janvier 2009

Symphonie n°1 Deuxième mouvement : La Mine




Sortie de terre noire de rives aux lèvres de basalte craquelant

Sortir le nez de la mine des poutres des carrés en sursis sortir

Du champ et courir dans les pétales dans le jaune crier d’enfance

 

La table a de la suie sur le pain chaud du four de la suie cannelée

L’entourage est aimant comme l’astre de lait dans un bol de labeurs

Le café est d’amour et de beaucoup d’eau le café réchauffe et encourage

La table a de la suie le pain se partage le froid rapetisse les vies misérables

 

 Corbeau hurlant corbeau perché au rebord des crêtes sinueuses

Corbeau de malheur de chants sauvages corbeau de l’altitude

C’est de la terre brute de la terre ouverte au tracteur d’acier

C’est de  l’offrande lyrique au ciel démesuré c’est l’horizon neutre

La maison sans fenêtres sans toit écartelée entre tous les vents

Corbeau de velours ou ce prince à la pêche aux vers nourrissants

 

Ici le plat se distingue se rend noble et mirifique ici le plat est beau

Le nord le vrai chantier qui poursuit l’âme de fantômes de néant ici

La brèche universelle les rêves en lambeaux le théâtre dévoilé à nu à sac

Ici j’aime tenir me tenir m’enrober de ce peu de lumière le plat est beau

 

Baisers d’ocre tes mots vermeils enluminent ravissent et soudain de l’inconnu

Mots tiens mots songes et légers légers comme un cidre amant l’acide ta peau

Ta cambrure précieuse baisers d’ocre la nature a de ces secrets sans nom

Des sources épuisées sans ressources étale ta cambrure pâlit tous les jours à venir

 

La mer sirène étendue d’eau limpide et si claire de certitudes effarante paroi

La chouette passe au-dessus des routes au-dessus des voies des voitures folles

Au-dessus de tout en silence absolue elle comme une mer de sel comme éternelle

L’insolente impie de mon cœur en deux ma feuille en file indienne et la mer

La sirène du moment ma faille sans bornes qu’illuminent des réverbères de silex

 

 Bambous tambours virevoltants jasmin et subtiles fougères dentelées bambous

La forêt tendue fraîche tendue verte la forêt de bambous odoriférants ma muse

Mon tapis de fleurs mon antre de malheur où je me repose de tant de songes

Ma muse mon rire étoile mon sacrement bercé d’une toile d’émeraudes et lapis-lazuli

Bambous de rivières de semences avoisinantes de rires feuilles bruits de jouissances

Bambous cachés mêlés à la montagne à la roche claire la forêt verdoyante et diffuse

 

Maudit chemin le jade est ciel le jade un cerisier éternel je ne suis rien

Maudit cheminement entre les rues hautes escarpées je n’entends rien

Que le grondement de l’orage des courses folles des tempêtes grises

Rien qui ne vaille la peine rien qui ne soit outrages aux mille merveilles

 

Elle chante en peines et reproches en belle en chœur de cyprès elle unique

Floraison qu’est-ce qui lime qu’est-ce qui use qu’est-ce qui mieux qu’elle

Abandonne charmes et amours en belle pour un seul cyprès cerné de bleu

Envoûté de blanc elle chante au soleil la candeur humble de son idylle noire




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31 décembre 2008

Symphonie n°1 Premier mouvement : Sillon




Musique en silence et la gorge et le puits qui ébruitent

Et rires nos rires en pleurent mais musique dis-je musique

Et combien nuages allés et combien de bras tendus

Au bas du trou fait de pierres de mortier et de pierres lourdes

Combien d’ombres selon la course la seule la ligne du soleil

Musique dis-je et musique tombante des cieux fine de chagrin

Et rires nos rires l’enfant a de cette présence à chaque seconde

 

Orchestre rose et beau roses en poussées de chairs en boutons de printemps

Ne t’endors pas ne gémis qu’à peine et à regrets ne larmoie qu’en un lieu contreventé

Orchestre de syllabes et sirènes accompagnées de foulques noires qui plongent

Et entament le ciel d’en bas la flaque où l’on n’y voit que remous et tornades

 

Lunes aux sourires de démons et moi et la terre et grande lumière et grand œil

Seulement notes seulement papiers chiffons de voix seulement l’air expulsé

Lunes aux sourires de démons et toi qui croise la section du grand travesti

Fleuve des pensées coulées sans fin des miroirs neufs et nus chaque fois

Lunes en vos mémoires de beauté j’accorde une danse à l’âme d’aujourd’hui

Un jaillissement d’eau de cristal jeté aux rayons diurnes je vous laisse maîtresses

 

Voix de sacre sous un train de poussières d’or l’on se noie de papillons charmants

Et sûrs de l’abri sûrs des ténèbres du jardin sûrs l’on se noie étincelles dormantes

Voie de chanvre de cocotiers en admiration voie de garage où l’on se dit vivants

Et sûrs de l’abri sûrs des ténèbres de demain sûrs l’on se noie sans rien pouvoir

 

Joie folle et mur d’albâtre le tout servi dans un plat si bleu

Et la peau de mille olives à mes lèvres joie de citron

Et la peau vibre le soleil tape le monde en hypnose

Et la peau vibre et aveugle la pupille lancée vers toi

 

Pas à pas rien à dire à prononcer juste le silence des marches

Juste le franchissement lent et accompli

Pas à pas un regard ouvert explosif plein de vie et d’orgueil

Juste dénoncer fiévreux la fin toute proche du son des pas

 

Qu’est-ce ? des mains des châtaignes de l’espérance sur l’hiver

Qu’est-ce ? des tintements dans le bois ou un chant de vignes

Qu’est-ce ? non décidément ce n’est rien que l’écho du passé

 

C’est une folie passagère une ardoise volée au toit

Un chagrin de moineau sautant de mésange pleureuse

C’est une folie messagère une ardoise en morceaux

 

Comme les traces dans la glaise comme un sol pétri de volumes

Comme des lignes de craie dans la nuit comme un sentier de grains

Me voilà du noir me voilà des ruines jouant des coudes

Et des petites montagnes d’argile sortent des cordes une lyre et le cœur

Comme les points chétifs d’une toile lointaine des violons de cire

Des bougies un royaume et mille couronnes de reines et de rois

Et comme ceci comme sorcier je viens des brumes poser ma main

Me voilà du noir me voilà des ruines au galop et fumant

Et des petites collines tressautant une furie terrasse et martèle

De pluie d’acide et de tout ce qu’il faudra pour aimer au-delà de tous temps


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24 décembre 2008


la foudre des langues racines

la foudre où peine le temps

où s’émiette le ciel obscur

la foudre où saignent les arbres

et s’éteignent les voix fausses




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sous une voix d’encre

et des bras de chaux

la page éclaircie hante

comme une fumée de feu



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l’enfant roi au rire grandiloquent tape à ce jour comme un sourd aux murs de ses tempes l’enfant riait beaucoup avant la chute d’eau le vertige bleu et roi il lisait le monde dans l’or du matin dans le rubis du soir et son rire ne souffrait aucune faille aucun chemin l’enfant ne décidait pas il découvrait.




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je ne cherche pas l’image ou autres dévastations je ne cherche plus le puits percé mais joue simplement capitaine nemo joue dans les scélérates dans les rouleaux bleus tordus je ne cherche pas qu’est-ce qui vous prend tous à chercher quelque chose dans ce trou perdu je n’est que la somme de deux lettres le a et le z de tout un monde de tous nos mondes imaginables…sortez !




Posté par NICOLASVASSE à 01:05 - POESIE - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


le ciel sous la chambre la moquette sous les pieds le son neuf le son de la jeunesse le ciel est sombre rouge et dans la pièce du bas résonnent les orgues du passé les langues folles la prison la boîte le ciel sous la chambre est mouillé de cafards.




Posté par NICOLASVASSE à 00:48 - POESIE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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